30.11.2006

Des vacances en Lambada(14)

Jeudi 27 juillet 06 (suite) Cet après-midi s'annonce maussade et je me retrouve dans la salle de cours. Un futur instructeur fait un cours magistral sur la lattitude et la longitude. Et nous calculerons qu'il y a une différence de 48 minutes entre Brest et Strasbourg. En effet, le soleil se couche presque avec une heure d'avance entre l'Est et l'ouest de la France. Entre ces deux villes, il y a exactement 12° de longitude multiplié par 4 minutes par degré. Et c'est toujours utile de se remettre dans la théorie surtout aujourd'hui à l'heure des GPS qui vous calculent un peu tout à votre place. En ce qui me concerne, je suis toujours méfiant de cet appareil extraordinaire qui peut avoir une base de données en partie erronée. Sur mon GPS, par exemple, j'ai trouvé une base ULM bretonne en Champagne! Mais cela aide en cas de difficultés, lorsque l'on doit se dérouter par exemple. Mais il est absolument impératif d'avoir une carte aéronautique qui reste la base. Après ce cours le vent se calme et quelques machines volent un peu. Et je découvre la nouvelle version d'un Quick relooké. Cette machine qui a gardé l'esprit initial de l'ULM est un véritable "balcon volant". Vision horizontale à plus de 180° et verticale quasiment identique. Quand il fait beau, c'est un véritable plaisir. Et cela me rapelle le bon vieux temps où j'en possédais un. Dans ce hangar de Montmorillon, les ULM sont véritablement imbriqués les uns dans les autres. Et l'on y trouve aussi bien un skyranger qu'un Jabiru ou un autogyre Magni ainsi que des pendulaires équipés de rotax. Il semble que les autogyres remplacent peu à peu les pendulaires. Mais les constructeurs d'autogyres ont besoin de créer une nouvelle gamme beaucoup moins bruyante. En effet des bases ULM qui "se faisaient oublier" ont eu des problèmes avec les riverains récemment. Arrive le soir et je propose à Patrice possesseur d'une "Moto du Ciel" de lui payer une pizza en ville. Finalement, nous trouvons ce que nous cherchons "a emporter" et retournons sur la base ULM. Bien nous en prends car nous avons à peine le temps de finir notre repas. J'aperçois vers le Nord des éclairs nouant mon estomac. Et tout d'un coup panne de lumière! Patrice qui connait bien la maison, se dirige vers le compteur électrique à l'aide d'une torche. Il essaye de réenclancher le disjoncteur mais sans succès. La panne est générale et durable. Maintenant les éclairs se rapprochent et le vent commence à se lever. Et mon Lambada est encore dehors et près de grands bacs à fleurs presque aussi hauts que les ailes. Patrice qui connait le problème déplace son fourgon pour nous éclairer. Il trouve dans le hangar une grande barre de fer et une masse. Aussitôt on déplace le Lambada près de la caravane et du talus tout en restant toujours derrière le hangar. Patrice plante ce pieu dans le talus et attache l'aile de ce côté. Les éclairs sont si forts et rapprochés qu'ils nous éclairent comme en plein jour. Pendant ce temps, j'attache avec mes piquets la queue et l'autre aile. Des grosses gouttes de pluie commencent à tomber et martèlent l'extrados de l'aile. Mais je dois ouvrir la verrière pour récupérer mon duvet, mon matelas et sortir les aérofreins. Nous rentrons nous mettre à l'abri. La lumière n'est toujours pas revenue et nous convenons de nous coucher. Patrice rentre dans sa caravane et je me retrouve seul avec le chien de Didier Horn qui se blottit sous l'escalier. Je n'arrive pas à me résigner à dormir. Je reste contempler ce phénomène en espérant qu'il ne va pas s'amplifier. Au bout de quelque temps le vent s'apaise et l'orage s'éloigne. Je m'installe dans la salle de cours et je me met en quête de sommeil.

28.11.2006

Des vacances en Lambada (13)

Jeudi 27 juillet 06. Aujourd'hui, j'ai encore un petit pincement au coeur. Eh oui, ça sent la fin des vacances! Heureusement, Michel Favier me parle de sa souris Bulle équipée d'un moteur tchèque de 4 cylindres en ligne 4 T qui permet un capot particulièrement effilé. Celle-ci est également équipée de la toute nouvelle génération de freins Béranger. Cette marque de freins est très connue dans le milieu de la moto de compétition et vient de créer une gamme pour l'ULM particulièrement légère. Celle-ci mérite à être connue pour toutes ces qualités ainsi que son esthétique. Après cette conversation très instructive Michel m'aide à porter les deux bidons de 20 litres que je ne peux pas soulever. Mais grâce à son aide, et la mise en place d'une protection sur l'aile, le remplissage d'un réservoir peut se faire. Tout ceci se fait par siphonnage à l'aide d'une "branlette". Avec ces 50 litres environ j'ai largement l'autonomie pour arriver à Morlaix. Un léger voile de cirrus s'installe dans le ciel et la température décroit un petit peu. Vers midi, je suis prêt à partir mais je veux dire au revoir à Marie-Thérèse qui, aujourd'hui garde ses deux petits fils. Ceux-ci viendront voir de près "ce voyageur en ULM" avec tout son attirail sur le siège passager servant de coffre. Départ en 34 puis direction de la vallée de la Dore. Sur la montée, un peu avant les reliefs, j'essaye d'accrocher un beau cumulus mais rien n'y fait. Je repasse à la verticale de sauxillanges puis, je contemple le Puy de Dome. Je contourne la zone de Clermont. j'apprécie la vue magnifique de la Chaîne des Puys. Je passe en vue de la Souterraine. Maintenant, le ciel commence à se couvrir et je diminue l'aération. Présentation au dessus du terrain de Montmorillon. Bigre, la manche à air est presque à l'horizontale et plein travers. Première présentation en passant au dessus du terrain de motocross assez haut, le vent venant de la gauche créant des rouleaux à cause des hangars. Au début, c'est la lessiveuse et ça brasse dans tous les sens. Par la suite ça ne se présente pas trop mal, et au moment où je commence l'arrondi, une forte rafale soulève mon aile gauche. Remise de gaz et je recommence un tour de piste court. Re-présentation légèrement plus haut et cette fois c'est la bonne. Content de retrouver l'ambiance propre à Montmorillon, il faut dire que Didier Horn y est pour quelque chose! Et malgré le changement de statut de didier, celui-ci n'a pas changé. Il était auparavant salarié de la ffplum et formait les instructeurs. Maintenant, il est indépendant et l'année 2006 semble avoir bien commencé. A peine sorti de mon Lambada, Didier m'interpelle : alors Yvon, on s'embourgeoise! Tu n'as plus ton S-12 airelle? Eh non, je n'ai plus de Rans 912, je l'ai quand même utilisé pendant 10 ans. Et qu'est-ce que tu as comme moteur sur ce Lambada? On ne t'as même pas entendu arriver pour le premier passage. Celui-ci est équipé d'un HKS. Ah bon cela m'intéresse car je vais importer un appareil monoplace et je pense monter ce moteur sur celui-ci. Pendant ce temps, plusieurs "élèves" s'approchent pour regarder de près le Lambada qu'ils ne connaissent pas. Ils sont quand même forts ces tchèques. Et quelle finition! Eh oui, réponds-je, ils ont toute une culture aéronautique qui date d'avant-guerre. De plus ils ont sous-traité pour les Allemands des planeurs tout plastique ces dernières décénies. C'est pour cela qu'aujourd'hui ils sont très prolifiques dans le secteur de l'ULM. J'ajouterai au moment où j'écris ces quelques lignes ; que un certain Mr Rachansky m'a expliqué récement un proverbe Tchèque. On peut le traduire comme ceci : "le ciel c'est la mer de la République Tchèque". Cela en dit long. Maintenant que j'ai amarré mon appareil près de deux immenses pots de fleurs derrière le hangar, je commence à avoir faim. Je n'ai pas grand-chose à manger : 2 tomates et une petite boîte de sardines. Mais très vite, on me trouve du pain, du fromage et un dessert plus une boisson! Cela fait partie de l'ambiance.

23.11.2006

Des vacances en Lambada (12)

Mercredi 26 juillet 06. Jean Pierre Yvrard et moi-même retournons au hangar ULM. Nous avons prévu chacun notre bouteille d'eau et nous commençons à nous préparer à l'ombre. En démarrant le moteur HKS, je commence immédiatement le roulage. Arrivé au seuil de piste 34, toutes les températures sont OK. Temps de chauffe estimé moins de 2 minutes. Il est environ 14 heures : décollage en direction de l'autoroute vers St Germain Laval. Coup d'oeil magnifique sur le chateau de la Roche qui surplombe la Loire dans une courbe. De très beaux cumulus sont en train de se développer rapidement. Nous coupons le moteur et le sport commence avec Jean Pierre. A la verticale du Puy Blanc, nous prenons une bonne hauteur. Et nous pouvons attaquer les Monts du Forez du côté de Noirétable. Puis, nous longeons les crêtes qui séparent le Puy de Dôme de la Loire avec des varios qui passent de + 4 à - 5 M. Maintenant, les cumulus se transforment en congestus et deviennent plus verticaux. Nous atteignons environ 2600 M et tout d'un coup de la pluie. Nous fuyons cette zone avec un peu de manche en avant vers 160 KM/H. Après restitution, nous perdons environ 150 M car je n'ai pas, pour l'instant, d'hélice repliable. Nous retrouvons ce plafond assez vite et Jean Pierre m'explique : voici le col du Béal, Pierre sur Haute etc... Tout à coup vers St Georges en Couzan, je vois un éclair sur ma droite, puis un deuxième... Les nuages se sont transformés en cunimbs et deux kilomètres plus loin, il ya peu être de la grêle. Ce n'est pas grave, nous obliquons vers Montbrison puis retour sur chambéon. Dans la plaine, il fait beau mais il n'y a pas la moindre pompe et tout est aspiré par les reliefs. Si bien que l'on est obligé de remettre le moteur en route. Atterrissage sans problème après plus de deux heures de vol. Après ce beau vol Jean Pierre me trouve un compresseur et je débranche la tuyauterie qui alimente le badin. Michel Favier m'aide également et la sonde dynamique se transforme en arrosoir! A partir de maintenant, je vais retrouver un badin qui fonctionne. A cette heure-ci, la température commence à être agréable et nous décidons de prendre du carburant. Et tenez vous bien, ceci est la première fois depuis le départ. En effet, en partant de Morlaix, j'ai pris 80 litres de carburant sur les 100 litres possibles. Tout cela pour des raisons de poids. Maintenant, il me reste environ une bonne dizaine de litres. Donc avec moins de 70 litres, le Lambada a volé plus de 21 heures. Pas mal, en terme d'autonomie me direz-vous. En fait, le deuxième réservoir de 50 litres est en option et n'est utilisable qu'en solo pour de grands voyages. Par exemple, il est possible de faire l'aller-retour Brest-Strasbourg-Brest sans ravitailler à 160 Km/h. Ceci représente environ 2000 Km d'autonomie et ce sans faire du vol à voile.

Toutes les notes