14.11.2007

Des vacances en Lambada 2007 (2)

Dimanche 15 juillet 2007. Je suis réveillé par les pas d'Hervé Fichet, qui doit se lever très tôt tous les matins pour traire ses vaches. Cette année trop humide contrarie le calendrier des agriculteurs. A ce jour, les foins ne sont pas terminés. Que dire de la moisson! Donc, pour toutes ses raisons, nous n'avons pas trop le temps de discuter. Les rayons du soleil traversent les fentes du volet mais j'entends également les premières sautes de vent. Et en cette région à cette heure-ci cela ne présage rien de bon. Essayons de ne pas trop y penser, me dis-je. Je me lève et peu de temps après être débarbouillé, Fabrice arrive avec sa voiture me chercher. Nous prenons le petit déjeuner ensemble dans la ferme de ses parents. A ce moment, je ne peux m'empêcher de penser à ce 14 Août 90 où nous avions atterri dans un champ voisin, mon père et moi. C'est à cette occasion, que nous avions fait connaissance. En effet, j'avais atterri dans un grand champ car la nuit arrivait. Nous avions décollé de Frossay (Loire Atlantique) relativement tard car le vent était trop fort l'après-midi. J'avais quand même décidé de partir tard avec mon Quicksilver car le vent était de nord-ouest. Dans ce cas il nous était très favorable et nous faisions une moyenne de 90 km/h au lieu de 60 km/h! Les ULM, à l'époque n'étaient pas très rapides ; surtout avec un vent de face! Nous avoins quand même fait Frossay-Champdeniers soit environ 160 km. Aujourd'hui, je repense à l'après-midi suivant, c'est à dire le 15 Août 90 où je tournais en rond, attendant que le vent faiblisse. Mais le pire dans l'histoire, c'est qu'il était repassé dans le nez pour le soir. Nous n'avions même pas pu arriver au terme de l'étape que je m'étais fixé ; a savoir Couhé Vérac. Je dois quand même rajouter que nous n'avions aucun confort de par le fait d'être deux à bord. Et nous avons été ravis de l'acceuil de la famille Fichet au grand complet. Pour mon père et moi-même, nous étions dans une véritable chambre d'hôte. D'autant plus que le 15 à midi, il y avait un grand repas de famille avec deux étrangers tombés du ciel! Depuis cette date, nous nous revoyons au moins une fois par an, soit en Bretagne soit en Poitou.

21.08.2007

Des vacances en Lambada 2007 (1)

Samedi 14 juillet 2007
Cette année, ma famille au grand complet, m'a convoyé jusqu'au terrain d'aviation de Morlaix. Et quand la voiture disparait à l'horizon, je me sens quelques instants seul. Mais cela ne dure pas car il faut tout installer à bord et bien l'arrimer. Coup de fil à Fabrice Fichet avant de partir : je devrais arriver à Champdeniers (près de Niort) vers 19 heures. Coup de démarreur, il est 16 heures 15 et il fait beau! Il fait beau en effet car depuis 2 mois et demi, il ne cesse de pleuvoir comme dans toute la France. Je n'espère qu'une chose en partant : trouver un air plus sec pour passer de bonnes vacances. Car cette année, c'est plus compliqué que d'habitude pour moi même : En plus de mes problèmes osseux et articulaires habituels, j'ai une coxarthrose (limitation d'amplitude de la hanche avec douleurs par dessus) Enfin, dans ma trousse à pharmacie, j'ai des antalgiques puissants au cas où. Assez parlé de moi, place aux vols pour vous lecteurs! J'arrive dans le secteur du lac de Guerlédan pour apprécier le premier beau paysage depuis le départ de Morlaix. Mais à partir de cet endroit jusqu'au sud de Josselin, il y a un changement de taille par rapport à l'année dernière. Plusieurs éoliennes ont poussé comme des champignons et représentent un danger potentiel en cas de mauvaise visibilité. D'autant plus que ces éoliennes sont toujours installées au sommet des collines. Celles-ci devraient être indiquées sur les bases de données GPS. Ce qui n'est pas le cas sur l'explorist XL. Néanmoins, ne croyez pas que je suis un anti-éolienne car je trouve même une certaine grâce dans ces formes élancées. Peu après je suis une parallèle avec les Landes de Lanvaux mais plus au Sud. Je survole la Roche Bernard petite cité de caractère où j'avais fait une halte par la route quelques mois plus tôt. Cette petite ville agrippée à son rocher et face à la Vilaine est très jolie tant en l'air qu'au sol. Et comme toujours, les deux sont complémentaires. Peu après, je survole la grande Brière de son vert immaculé laissant apparaitre des canaux creusés par l'homme. Ensuite survol de la Loire au niveau de son embouchure pour rejoindre directement St Brévin les pins. A cet endroit, l'eau bouillonne et donne l'impression d'être légèrement boueuse à cause de cette coloration chocolat au lait. Sous moi, passe un cargo au sillage impressionant. A partir de maintenant il n'y plus de toits en ardoises et j'oblique légèrement par rapport à la côte. Je passe près du terrain de Montaigu, fief du planeur dans la région. Peu après, je suis la cassure géologique qui passe par les Herbiers, Pouzauges et la Chataigneraie. Cette ligne de crêtes où passe le mont des alouettes et le Puy Crapaud s'apprécie surtout vue d'en haut. J'arrive en vue de Champdeniers, terme de ma première étape. J'apperçois cette petite piste vue d'en haut. Cette piste privée tenue par Daniel et marinette n'est pas très grande (250m x 15m). De plus, dans le sens 19, il y a un hangar dans l'axe donc impossible pour moi. Dans l'axe de la 01, il y a un arbre unique mais qui me gène avec mes grandes plumes de 15m. Heureusement que les cultures adjacentes sont coupées. Première présentation dans l'axe de la 01 en évitant l'arbre latéralement et là erreur quand il n'y a plus que 50 mètres pour se remettre dans l'axe, c'est trop juste. Je pose les roues dans les premiers 70 mètres mais désaxé. Et je vois les cônes en plastique jaunes qui se rapprochent dangereusement de mon hélice. Un grand coup de palonnier de toutes mes forces, la main crispée sur le frein sans les bloquer. Coup de palonnier dans l'autre sens, ouf c'est passé cette fois-ci. Je relache le frein et j'arrive près du hangar avec mon élan. Il est 19 heures et 5 minutes et j'ouvre mon cockpit en poussant un ouf de soulagement. Je téléphone à mon ami Fabrice qui est déjà sur la route et qui ne va pas tarder à arriver. Je commence à sortir mes affaires et avec ma canne cette année, c'est plus difficile. Fabrice arrive et m'aide à pousser l'appareil au bord de la piste pour l'amarrer. Je plante des piquets en croix pour bien le fixer au sol. Après le transfert de toutes mes affaires dans son Audi A3, je me sens enfin en vacances. Vous saurez la suite dans une prochaine note.

23.05.2007

Les essais de l'hélice Noin/Duc

A la fin du salon ULM de Blois, j'ai donc démonté cette hélice portefeuille. En effet, elle n'était montée qu'en statique pour les besoins de présentation du salon. Mais les connaisseurs ont tout de suite compris l'intérêt de cette formule. Imaginez que vous êtes en plané et que vous vous retrouvez dans une dégeulante puissante. De plus, vous voyez dans votre imagination une pompe qui devrait se matérialiser sur une pente. Au moment où vous arrivez sur cette pente, c'est encore pire! Dans cette situation de stress, vous appréciez grandement l'automatisme de cette hélice. Celle-ci passe immédiatement de la position bec de canard, donc très aérodynamique, à la position travail dès que le moteur démarre. Tout cela sans à-coups grace à la force centrifuge. Pas de manette, pas de roue à dévisser puis à tirer vigoureusement tout en continuant à piloter en marsouinant, accentuant le stress du pilote et éventuellement du passager. Les pales Duc swirl utilisées dans ce cas ont été raccourcies à 1M65 contre 1M72 à l'origine. Cette opération doit être faite en usine car les extrémités sont retravaillées avec de la résine entre autre. Si elles étaient simplement coupées à la scie à métaux ; elles se délamineraient. Arrivé à Morlaix, j'ai donc monté cette hélice sur le moteur. (Voir le diaporama de ce blog). La première opération consiste à fixer le "U" en carbone à l'aide de 6 vis BTR de 8 mm. La deuxième demande patience et rigueur. Elle nécessite un marbre car le réglage des pales se fait noix après noix. Celles-ci doivent être fermement tenues à l'aide d'un serre-joint sur le marbre pendant que vous affichez 18,75° avec un rapporteur maison. Une fois ce réglage terminé, vous devez remonter les pales solidaires des noix. Tout cela, à l'aide du plan, vous devez enfiler l'axe de 14 mm en même temps que le pignon et une entretoise. Lorsque l'opération est réalisée pour la deuxième pale, vérifier la synchronisation au repos et en position travail. Après cela positionner les ressorts de rappels et serrer le tout en mettant du loctite. Lors des premiers essais, il y avait des vibrations très importantes. Aussi, après avoir vérifié la synchronisation et l'angle des pales montées sur la machine, il ne restait plus qu'a la retourner chez le fabricant. Monsieur Noin équilibra le tout à l'aide d'une machine spécialement conçue par lui même. Et maintenant, je peux vous dire que ça marche! Le lambada a gagné au moins 5 points de finesse! Et d'après les premiers tests réalisés c'est encore mieux que je ne l'espérais. Vous aurez plus de détails dans une prochaine note...

16.01.2007

Blois 2006 en Lambada (1)

Contacté par la société Aéroimpex (l'importateur du Lambada en france) vers le 26 août, je confirme mon intention d'aller à Blois le Breuil le premier week-end de septembre. Préparant ce voyage à l'avance, je décide une inspection minutieuse du compartiment moteur. Je constate au niveau du manchon en caoutchouc reliant un carburateur à la pipe d'admission, une légère élongation de celui-ci. Cela se traduit, vu de l'extérieur par un léger désaxement sur le plan vertical. Donc je commence le démontage de celui-ci qui est facile. Bien m'en prends car cette bride qui ressemble à s'y méprendre à une bride de rotax 912 se coupe de l'intérieur vers l'extérieur. Cette fente que l'on retrouve aussi sur les 912 est due, je pense à deux raisons. L'une, chimique associée à une utilisation intensive ne laissant pas le temps au caoutchouc d'évacuer l'excès d'essence qui le ramollit. L'autre, à des démarrages à froid chaotiques ou le moteur "boite" le temps d'enlever le starter. Ceci est amplifié par une grande hélice et (ou) lourde et bien sûr si elle mal réglée ou mal équilibrée. Dans le cas présent, ceci est arrivé au bout de 132 heures de moteur en un an et demi. Lorsque je défais le carburateur, je prends bien soin de ne pas forcer sur les gaines de commande de gaz et de starter. Cela pourrait désynchroniser les carbus. A ce sujet, le HKS est très sensible car étant un bicylindre. Après m'être procuré par un ami (merci Jean Yves) une bride de rechange, je remonte le tout. Vérification à l'aide d'un jeu de cales, cette synchronisation. J'en profite pour faire la vidange qui n'est pas évidente car l'orifice permettant l'accès à l'huile se situe entre les palonniers dans l'habitacle! A ce sujet, je recherche une pompe électrique pour vidanger par le bouchon de remplissage. Amis blogeurs aidez moi, je n'en trouve pas! Alors, comme vous l'avez deviné, cela s'est transformé en galère car il n'y a pas de place pour un récipient qui plus est doit tenir en équilibre sur une arête avec l'aide de cales! Tout cela pendant que vous dévissez à l'aide d'une clé de 19 la vis équipée d'un aimant. Et glou glou, une partie dégouline sur le plancher de quoi largement lubrifier les palonniers! Enfin, me voilà prêt après quelques seances de nettoyage. Le grand jour arrive et dans le Morlaix Ulm Club c'est l'effervescence. En effet, tous les ans, les morlaisiens vont à Blois pour ce grand rassemblement. Nous partons à environ dix heures et demie et la première escale se fait à Pouancé ; club ô combien sympathique. Ce terrain non ouvert à la CAP est à environ mi-chemin entre Rennes et Angers. Les cinq ULM se posent sur cette piste en herbe bien ensoleillée. Nous sortons de nos machines pour apprécier l'air angevin. Peu après, nous nous dirigeons vers le centre ville à pieds car celui-ci est tout proche. Nous arrivons dans un restaurant au très bon rapport qualité-prix. Après s'être restauré (avec un bon poisson), nous reprenons le chemin du terrain et Michel Le Jan prends une dizaine de litres de carburant pour son Pégasus 582. (Michel vient tous les ans à Blois en pendulaire et il faut dire qu'il carbure autour de 120 Km/h.) Alors qu'il ne nous restait plus que 200 M à marcher, Christian Roul l'instructeur ULM arrive avec sa Fiat Uno qui lui sert pour aménager son moulin. Et il insiste pour que je monte car il sait que j'ai quelques problèmes avec mes jambes. Nous voici tous ensemble dans l'ancienne salle de classe qui sert de Club house pour prendre un café offert par la maison. Et ça piaille joyeusement sur Blois. Christian ne pourra pas y aller en vol car il a un petit souci sur son réducteur de BMW. Qu'a cela ne tienne, il ira par la route. Nous repartons assez vite quoiqu'il soit déjà 15H30. Le vent a viré secteur sud et il commence à être soutenu.

07.12.2006

Des vacances en Lambada (15)

Vendredi 28 juillet. Après un début de nuit agité, la suite fut plus agréable car beaucoup moins chaude. Au petit matin, Patrice arrive avec des biscottes près du bar. Et là il nous sort tout ce qu'il faut du frigo. Nous entamons une discussion au sujet de la protection des ailes en cas de grèle. Cela suppose être transportable sur le siège passager, facile à mettre en oeuvre et si possible pas trop onéreux! Pour cela, je ne vois, pour l'instant, que du plastique à bulles scotché et recouvert d'un drap housse que j'ai déjà. Mais je suis conscient que cela est loin d'être la panacée. Avis aux connaisseurs et lecteurs de ce blog en laissant un commentaire avec peut être une idée novatrice. Ensuite, nous parlons de la Moto du Ciel avec ces inconvénients et surtout son énorme avantage : sa visibilité et son pilotage agréable. Patrice veut diminuer le bruit de sa machine. Je lui suggère de changer les deux petits pots d'origine par un pot quatre en un rotax. Je sais que cela ne changera pas tout mais ça ira dans le bon sens. Mais ça représente quand même pas mal de travail. Je l'ai déjà fait sur mon ancien ULM Rans S-12. J'étais dans l'atelier de la base ULM de Frossay et je coupais tous les tubes et les morceaux de cercles en tubes. Michel Durand les soudait et je les remontais sur place pour essai. A la fin de la deuxième journée, les 33 morceaux plus les ressorts n'en faisaient plus qu'un. Puis Didier Horn arrive "alors Yvon, bien dormi" Au début c'était mouvementé avec cet orage mais ça été par la suite. Les futurs instructeurs arrivent et commentent la météo : pas brillant pour le moment avec ces stratus bas. C'est la première matinée depuis que je suis parti où l'on ne peut pas voler. En bretagne il fait très beau et la limite du front n'est qu'a une trentaine de kilomètres. Les élèves s'installent dans la salle de cours et j'en profite pour laver mon Lambada. Comme la luminosité augmente, je décide de décapoter, c'est la première fois depuis mon départ. Huile : R.A.S. Dans l'ensemble, tout va bien sauf une durite qui frotte et qui commence à s'user. Après sécurisation, le fils de Didier s'intéresse de près au montage du moteur HKS. Le cours se termine et tout le monde raplique pour voir de près les entrailles du Lambada. Eh bien avec bati-moteur pareil, il n'y a pas de risques! En effet, sur ce montage, il y a huit points de fixation! Peu de temps après, nous prenons la direction d'une cafétéria de Montmorillon. Après une discussion sur les centrales nucléaires actuelles et futures, nous retournons sur la base ULM de la pierre soupeze. Didier Horn me reparle de son futur "bébé". Il s'agit d'un monoplace très rapide équipé d'un train rentrant. Initialement équipé d'un rotax 503 ; il voudrait l'équiper d'un moteur HKS. Celui-ci était visible au salon de Blois sur le stand de Didier. La météo hésitante depuis le début de la journée me bloque sur cette base ULM heureusement fort sympathique. Partira, partira pas, vous le saurez en lisant la prochaine note.

30.11.2006

Des vacances en Lambada(14)

Jeudi 27 juillet 06 (suite) Cet après-midi s'annonce maussade et je me retrouve dans la salle de cours. Un futur instructeur fait un cours magistral sur la lattitude et la longitude. Et nous calculerons qu'il y a une différence de 48 minutes entre Brest et Strasbourg. En effet, le soleil se couche presque avec une heure d'avance entre l'Est et l'ouest de la France. Entre ces deux villes, il y a exactement 12° de longitude multiplié par 4 minutes par degré. Et c'est toujours utile de se remettre dans la théorie surtout aujourd'hui à l'heure des GPS qui vous calculent un peu tout à votre place. En ce qui me concerne, je suis toujours méfiant de cet appareil extraordinaire qui peut avoir une base de données en partie erronée. Sur mon GPS, par exemple, j'ai trouvé une base ULM bretonne en Champagne! Mais cela aide en cas de difficultés, lorsque l'on doit se dérouter par exemple. Mais il est absolument impératif d'avoir une carte aéronautique qui reste la base. Après ce cours le vent se calme et quelques machines volent un peu. Et je découvre la nouvelle version d'un Quick relooké. Cette machine qui a gardé l'esprit initial de l'ULM est un véritable "balcon volant". Vision horizontale à plus de 180° et verticale quasiment identique. Quand il fait beau, c'est un véritable plaisir. Et cela me rapelle le bon vieux temps où j'en possédais un. Dans ce hangar de Montmorillon, les ULM sont véritablement imbriqués les uns dans les autres. Et l'on y trouve aussi bien un skyranger qu'un Jabiru ou un autogyre Magni ainsi que des pendulaires équipés de rotax. Il semble que les autogyres remplacent peu à peu les pendulaires. Mais les constructeurs d'autogyres ont besoin de créer une nouvelle gamme beaucoup moins bruyante. En effet des bases ULM qui "se faisaient oublier" ont eu des problèmes avec les riverains récemment. Arrive le soir et je propose à Patrice possesseur d'une "Moto du Ciel" de lui payer une pizza en ville. Finalement, nous trouvons ce que nous cherchons "a emporter" et retournons sur la base ULM. Bien nous en prends car nous avons à peine le temps de finir notre repas. J'aperçois vers le Nord des éclairs nouant mon estomac. Et tout d'un coup panne de lumière! Patrice qui connait bien la maison, se dirige vers le compteur électrique à l'aide d'une torche. Il essaye de réenclancher le disjoncteur mais sans succès. La panne est générale et durable. Maintenant les éclairs se rapprochent et le vent commence à se lever. Et mon Lambada est encore dehors et près de grands bacs à fleurs presque aussi hauts que les ailes. Patrice qui connait le problème déplace son fourgon pour nous éclairer. Il trouve dans le hangar une grande barre de fer et une masse. Aussitôt on déplace le Lambada près de la caravane et du talus tout en restant toujours derrière le hangar. Patrice plante ce pieu dans le talus et attache l'aile de ce côté. Les éclairs sont si forts et rapprochés qu'ils nous éclairent comme en plein jour. Pendant ce temps, j'attache avec mes piquets la queue et l'autre aile. Des grosses gouttes de pluie commencent à tomber et martèlent l'extrados de l'aile. Mais je dois ouvrir la verrière pour récupérer mon duvet, mon matelas et sortir les aérofreins. Nous rentrons nous mettre à l'abri. La lumière n'est toujours pas revenue et nous convenons de nous coucher. Patrice rentre dans sa caravane et je me retrouve seul avec le chien de Didier Horn qui se blottit sous l'escalier. Je n'arrive pas à me résigner à dormir. Je reste contempler ce phénomène en espérant qu'il ne va pas s'amplifier. Au bout de quelque temps le vent s'apaise et l'orage s'éloigne. Je m'installe dans la salle de cours et je me met en quête de sommeil.

28.11.2006

Des vacances en Lambada (13)

Jeudi 27 juillet 06. Aujourd'hui, j'ai encore un petit pincement au coeur. Eh oui, ça sent la fin des vacances! Heureusement, Michel Favier me parle de sa souris Bulle équipée d'un moteur tchèque de 4 cylindres en ligne 4 T qui permet un capot particulièrement effilé. Celle-ci est également équipée de la toute nouvelle génération de freins Béranger. Cette marque de freins est très connue dans le milieu de la moto de compétition et vient de créer une gamme pour l'ULM particulièrement légère. Celle-ci mérite à être connue pour toutes ces qualités ainsi que son esthétique. Après cette conversation très instructive Michel m'aide à porter les deux bidons de 20 litres que je ne peux pas soulever. Mais grâce à son aide, et la mise en place d'une protection sur l'aile, le remplissage d'un réservoir peut se faire. Tout ceci se fait par siphonnage à l'aide d'une "branlette". Avec ces 50 litres environ j'ai largement l'autonomie pour arriver à Morlaix. Un léger voile de cirrus s'installe dans le ciel et la température décroit un petit peu. Vers midi, je suis prêt à partir mais je veux dire au revoir à Marie-Thérèse qui, aujourd'hui garde ses deux petits fils. Ceux-ci viendront voir de près "ce voyageur en ULM" avec tout son attirail sur le siège passager servant de coffre. Départ en 34 puis direction de la vallée de la Dore. Sur la montée, un peu avant les reliefs, j'essaye d'accrocher un beau cumulus mais rien n'y fait. Je repasse à la verticale de sauxillanges puis, je contemple le Puy de Dome. Je contourne la zone de Clermont. j'apprécie la vue magnifique de la Chaîne des Puys. Je passe en vue de la Souterraine. Maintenant, le ciel commence à se couvrir et je diminue l'aération. Présentation au dessus du terrain de Montmorillon. Bigre, la manche à air est presque à l'horizontale et plein travers. Première présentation en passant au dessus du terrain de motocross assez haut, le vent venant de la gauche créant des rouleaux à cause des hangars. Au début, c'est la lessiveuse et ça brasse dans tous les sens. Par la suite ça ne se présente pas trop mal, et au moment où je commence l'arrondi, une forte rafale soulève mon aile gauche. Remise de gaz et je recommence un tour de piste court. Re-présentation légèrement plus haut et cette fois c'est la bonne. Content de retrouver l'ambiance propre à Montmorillon, il faut dire que Didier Horn y est pour quelque chose! Et malgré le changement de statut de didier, celui-ci n'a pas changé. Il était auparavant salarié de la ffplum et formait les instructeurs. Maintenant, il est indépendant et l'année 2006 semble avoir bien commencé. A peine sorti de mon Lambada, Didier m'interpelle : alors Yvon, on s'embourgeoise! Tu n'as plus ton S-12 airelle? Eh non, je n'ai plus de Rans 912, je l'ai quand même utilisé pendant 10 ans. Et qu'est-ce que tu as comme moteur sur ce Lambada? On ne t'as même pas entendu arriver pour le premier passage. Celui-ci est équipé d'un HKS. Ah bon cela m'intéresse car je vais importer un appareil monoplace et je pense monter ce moteur sur celui-ci. Pendant ce temps, plusieurs "élèves" s'approchent pour regarder de près le Lambada qu'ils ne connaissent pas. Ils sont quand même forts ces tchèques. Et quelle finition! Eh oui, réponds-je, ils ont toute une culture aéronautique qui date d'avant-guerre. De plus ils ont sous-traité pour les Allemands des planeurs tout plastique ces dernières décénies. C'est pour cela qu'aujourd'hui ils sont très prolifiques dans le secteur de l'ULM. J'ajouterai au moment où j'écris ces quelques lignes ; que un certain Mr Rachansky m'a expliqué récement un proverbe Tchèque. On peut le traduire comme ceci : "le ciel c'est la mer de la République Tchèque". Cela en dit long. Maintenant que j'ai amarré mon appareil près de deux immenses pots de fleurs derrière le hangar, je commence à avoir faim. Je n'ai pas grand-chose à manger : 2 tomates et une petite boîte de sardines. Mais très vite, on me trouve du pain, du fromage et un dessert plus une boisson! Cela fait partie de l'ambiance.

23.11.2006

Des vacances en Lambada (12)

Mercredi 26 juillet 06. Jean Pierre Yvrard et moi-même retournons au hangar ULM. Nous avons prévu chacun notre bouteille d'eau et nous commençons à nous préparer à l'ombre. En démarrant le moteur HKS, je commence immédiatement le roulage. Arrivé au seuil de piste 34, toutes les températures sont OK. Temps de chauffe estimé moins de 2 minutes. Il est environ 14 heures : décollage en direction de l'autoroute vers St Germain Laval. Coup d'oeil magnifique sur le chateau de la Roche qui surplombe la Loire dans une courbe. De très beaux cumulus sont en train de se développer rapidement. Nous coupons le moteur et le sport commence avec Jean Pierre. A la verticale du Puy Blanc, nous prenons une bonne hauteur. Et nous pouvons attaquer les Monts du Forez du côté de Noirétable. Puis, nous longeons les crêtes qui séparent le Puy de Dôme de la Loire avec des varios qui passent de + 4 à - 5 M. Maintenant, les cumulus se transforment en congestus et deviennent plus verticaux. Nous atteignons environ 2600 M et tout d'un coup de la pluie. Nous fuyons cette zone avec un peu de manche en avant vers 160 KM/H. Après restitution, nous perdons environ 150 M car je n'ai pas, pour l'instant, d'hélice repliable. Nous retrouvons ce plafond assez vite et Jean Pierre m'explique : voici le col du Béal, Pierre sur Haute etc... Tout à coup vers St Georges en Couzan, je vois un éclair sur ma droite, puis un deuxième... Les nuages se sont transformés en cunimbs et deux kilomètres plus loin, il ya peu être de la grêle. Ce n'est pas grave, nous obliquons vers Montbrison puis retour sur chambéon. Dans la plaine, il fait beau mais il n'y a pas la moindre pompe et tout est aspiré par les reliefs. Si bien que l'on est obligé de remettre le moteur en route. Atterrissage sans problème après plus de deux heures de vol. Après ce beau vol Jean Pierre me trouve un compresseur et je débranche la tuyauterie qui alimente le badin. Michel Favier m'aide également et la sonde dynamique se transforme en arrosoir! A partir de maintenant, je vais retrouver un badin qui fonctionne. A cette heure-ci, la température commence à être agréable et nous décidons de prendre du carburant. Et tenez vous bien, ceci est la première fois depuis le départ. En effet, en partant de Morlaix, j'ai pris 80 litres de carburant sur les 100 litres possibles. Tout cela pour des raisons de poids. Maintenant, il me reste environ une bonne dizaine de litres. Donc avec moins de 70 litres, le Lambada a volé plus de 21 heures. Pas mal, en terme d'autonomie me direz-vous. En fait, le deuxième réservoir de 50 litres est en option et n'est utilisable qu'en solo pour de grands voyages. Par exemple, il est possible de faire l'aller-retour Brest-Strasbourg-Brest sans ravitailler à 160 Km/h. Ceci représente environ 2000 Km d'autonomie et ce sans faire du vol à voile.

26.10.2006

Des vacances en Lambada (11)

Mercredi 26 juillet 06 Après un début de nuit difficile (à cause des moustiques); j'émerge tout doucement dans ce grand dortoir. Après une douche salvatrice, je me dirige vers le club house de Chambéon. Je rencontre Marie Thérèse Coquard, figure emblématique de l'aérodrome. Elle me prépare en deux temps, trois mouvemements un solide petit déjeuner. Me voilà prêt pour de nouvelles aventures! Michel Favier, un constructeur de souris-bulle arrive à ce moment là. Celui-ci, fait un stage intensif sur Lambada 912. En cette période, il se trouve dans la phase désagréable d'une partie de l'apprentissage. Cette partie, vous l'avez deviné, c'est "l'arrondi" en plus sur un train classique. C'est là que je me permet de lui suggérer une petite astuce. Celle-ci consiste à trouver un repère correspondant exactement à l'horizon. Nous décidons à ce moment-là de voir de près le Lambada 912. Et Michel Favier s'installe à bord pour bien "imager" ce repère. Jean Michel Texereau arrive et commence à parler de sa nouvelle passion. Il s'est lancé dans le kart avec son fils ; ce qui n'a rien à voir avec l'aviation. Le Lambada 912 est sorti sous un soleil de plomb. Les voila partis pour une série de tours de piste par vent nul. Et il ne se débrouille pas si mal! Je retourne au club d'aéromodélisme où aujourd'hui on acceuille des jeunes d'un centre de vacances. Un jeune retraité explique avec passion comment fonctionne un avion radiocommandé. Et ce, avec une foule de détails mais en restant toujours très pédagogue. Nous mangeons ensemble dans ce grand local qui reste frais par rapport à l'extérieur. Je m'intègre à l'équipe car j'ai commencé par l'aéromodélisme et ça aide. Je m'intéresse toujours de loin au motoplaneur électrique et je pense y revenir un jour. Maintenant place à la vaisselle! Mais bientôt les choses sérieuses vont commencer. Jean Pierre Yvrard arrive et nous sommes un peu excités car les conditions de vol à voile ont l'air d'être bonnes sur le Forez.

18.10.2006

Des vacances en Lambada (10)

Mardi 25 juillet Après avoir harnaché mes affaires dans mon ULM et prêt à partir ; il est environ 15 heures. Dernier au revoir à la radio et transmission d'un bonjour à Yves Jacquier. Cette fois en solo cela monte mieux et je retrouve presque un 5 M/seconde. Dès les premiers contreforts du Livradois, je rencontre une pompe. A ce moment là, je suis à environ 1000 M mais seulement à environ 200 M au dessus d'une clairière ou se trouve un corps de ferme assez important. Celui-ci est bien ensoleillé alors que presque tout autour, la forêt se trouve dans l'ombre. Cette pompe que je qualifie de "bretonne" au début, se révèle par la suite être la plus grande jamais rencontrée dans ma modeste expérience en la matière. En effet, celle-ci, au début est très difficile à cerner et peu puissante. A tel point qu'au début j'hésite à couper le moteur. Chose que je fais quand même au bout de trois 360°. A ce moment là, mon vario passe de moins 0,5 M/seconde à plus de 1 M/seconde en positif. Mais têtu et sentant là quelque chose d'intéressant vu la hauteur, la suite me donne raison. Au bout de deux minutes environ, la pompe qui au début était "patatoïde" devient bien circulaire. A ce moment là je suis toujours relativement bas et je sens quelque chose de puissant. Mon vario passe très vite à plus 3 M/seconde tout en étant très régulier. J'arrive très vite à 1500 M et ça monte de plus en plus. Peu de temps après, je me retrouve avec un vario en butée. Il est vrai que celui ci est un vario de plaine gradué de +5 M à -5 M ; contrairement à un vario de montagne gradué de +10 M à -10 M. A 2000 M, je n'en crois pas mes yeux, ça monte presque toujours autant entre 4 et 5 M/seconde soit environ 270 M par minute! Mes oreilles sont là pour confirmer la chose. Arrivé à 2800 M, mon record personnel est battu. A cette altitude, le taux de montée diminue tout en étant significatif sur une large zone. Cela ne "monte plus qu'à" 2 M/seconde. A partir de 2900 M, la pompe mollit mais je persiste car je veux dépasser les 3000 M. Mon GPS m'indique 3068 M lorsque je décide de prendre le cap sur Feurs distant d'environ 70 Km à vol d'oiseau. Au début cela se passe très bien et je reste dans une très vaste zone d'ascendance qui permet de voler sans perdre d'altitude. Puis je me retrouve dans la vallée de la Dore près d'Ambert. Et là ça descends! Encore le vario en butée mais cette fois dans l'autre sens. Et je vois le plan de descente sous les monts du Forez que je dois franchir. Alors que je vois d'autres nuages prometteurs à portée de main, je préfère remettre le moteur en marche. Il n'a pas le temps de chauffer que je le recoupe déjà. J'ai perdu presque 2000 M en une trentaine de Km. Près d'Ambert, je remonte à environ 2600 M, ce qui me permet d'arriver près de Feurs-Chambéon. Au moment où je me pose la question de remettre le moteur ou pas; à la verticale d'une retenue d'eau tout change. A cet endroit, je reprends 300 M, ce qui me permet d'avoir suffisament de marge pour intégrer le circuit planeur de Chambéon. Atterrissage jubilatoire sur terrain connu et roulage dégressif jusqu'au taxiway. Remise en route du moteur pour taxier le Lambada jusqu'au hangar pour se retrouver à l'ombre. A ce moment là, je veux contacter mon ami Jean Pierre Yvrard mais le téléphone est déchargé. Dans le hangar de Chambéon, il y a là un autre Lambada celui-ci équipé d'un rotax 912 et d'une hélice à mise en drapeau. Près de celui-ci, se trouve un élève qui attend son instructeur. Tout de suite, le courant passe entre nous, j'ai nommé Michel Favier. Il fait tellement soif que nous prenons un jus d'orange au bar chez Marie-Thérèse en attendant Jean Michel Texereau, l'instructeur. Sur ces entrefaits, arrive Jean pierre Yvrard, le mécano du club et fou du Lambada. Nous repartons ensemble en direction de Roanne mais il est déjà 18 heures. Nous ne trouvons pas de pompes significatives mais ce n'est pas grave. Nous ferons mieux demain. Nous rangeons le Lambada dans un hangar près d'un avion de voltige. J'ai une faim de loup et j'apprécie une salade composée. Retour à l'aéroclub où se trouve un local avec dortoir attenant au club d'aéromodélisme très dynamique. On y trouve des gens passionnés qui donnent des cours théoriques au tableau! De l'autre côté du dortoir, il y a un atelier de construction très actif : je n'ai jamais vu cela ailleurs. A part les moustiques (que j'arrive à tuer) c'est très confortable. Maintenant dodo.

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