13.12.2006

Des vacances en Lambada (16)

Vendredi 28 juillet (suite) Après avoir pris la météo sur internet, je me décide à partir. Le plafond a fini par monter vers 1000 pieds environ. Le fils de Didier Horn a sorti son ULM et commence des tours de piste à une bonne cadence. Je règle mon "hotel" auprès de Didier et j'en profite pour lui donner les coordonées de mon blog Lambadahks. Celui-ci est maintenant reconnu par les moteurs de recherche très facilement. Il suffit de taper Lambadahks. Si vous tapez Lambada ulm, vous le trouverez également mais en sixième proposition. Mais cette dernière vous donnera une idée plus générale de ce motoplaneur ulm. Tout cela en passant du site aéroimpex (l'importateur du Lambada en France) au compte rendu d'un crash. C'est ça internet, on trouve aussi bien les bons côtés que les moins bons. Mais revenons au blog Lambadahks qui commence à être connu maintenant (mes chevilles commencent enfler). Il est environ 17 heures quand je démarre le moteur. Je remonte la piste en direction de Montmorillon puis décollage face au terrain de motocross. Didier peut apprécier le taux de montée vu du sol. Cap à l'ouest et peu de temps après contact avec le contrôle de Poitiers. En sortie de zone, le beau temps revient d'un seul coup. Du beau temps et en plus des thermiques! Le plafond n'est pas très haut mais il y a une succession de cumulus qui sont en longueur et pratiquement dans l'axe de mon itinéraire prévu. je m'attends à rencontrer un planeur qui me dépasserais en "pur dauphin". Mais non, j'ai beau scruter le ciel, je ne vois rien venir. Le vent d'ouest est relativement fort en altitude si bien que je ne fais qu'une trentaine de kilomètres sans moteur en un peu moins d'une heure. Vers 18 heures 20, je me décide de redémarrer car je dois rentrer ce soir sur Morlaix. Je passe près de Parthenay, Bressuire, Cholet. Je survole St Florent le vieil et son magnifique château qui surplombe la Loire. Pour moi, la Loire est symbolique et son franchissement dans un sens ou dans l'autre représente le début ou la fin des vacances en ULM. Je dépasse Ploërmel et j'aperçois Loyat mais apparement il n'y a pas beaucoup d'activité. Proche du lac de Guerlédan, il y a un énorme nuage vers 800 mètres d'altitude. J'essaye de me faire aspirer car il est bien noir avec une base bien plate. Je n'y parviens pas car il y a trop de vent et qu'il est bien tard. On devine la cassure géologique au pied de St Servais avant d'arriver à Callac. Celle-ci est très jolie dans les couleurs chaudes du soir. On commence à deviner la côte nord dans son bleu magnifique distante d'environ 30 Km à cet endroit. J'arrive en terrain connu et je peux couper mon GPS. Arrivée à Morlaix sur ce grand terrain où l'on a le choix entre trois pistes. La principale (05/23) est en dur et mesure 1520 M. La seconde (09/27) en herbe est peu utilisée car entre autre, au seuil 27 il y a une piste d'aéromodélisme. La piste préférentielle des ULM (quand il n'y a pas de traffic aéroclub sur la dure) est la 16/34. Pour info le seuil 16 du côté nord de la piste en dur est déconseillé car en mauvais état spécialement au niveau de l'embranchement herbe/dure. Si vous voulez des renseignements complémentaires, n'hésitez pas à me laisser un commentaire. Pour en revenir à "des vacances en Lambada" j'ai fait un vol de presque 4 heures sans escale Montmorillon/Morlaix dans des conditions de confort tant sonore qu'ergonomique. Après contrôle du réservoir, il me reste environ une douzaine de litres soit une heure et demie de carburant pour le HKS. Au final, pour cette ballade de 9 jours et 27 heures de vol, je n'ai consommé que 108 litres de SP95 environ. L'année prochaine, j'aissaierai de mieux faire! A bientôt pour un compte-rendu sur Blois en Lambada.

07.12.2006

Des vacances en Lambada (15)

Vendredi 28 juillet. Après un début de nuit agité, la suite fut plus agréable car beaucoup moins chaude. Au petit matin, Patrice arrive avec des biscottes près du bar. Et là il nous sort tout ce qu'il faut du frigo. Nous entamons une discussion au sujet de la protection des ailes en cas de grèle. Cela suppose être transportable sur le siège passager, facile à mettre en oeuvre et si possible pas trop onéreux! Pour cela, je ne vois, pour l'instant, que du plastique à bulles scotché et recouvert d'un drap housse que j'ai déjà. Mais je suis conscient que cela est loin d'être la panacée. Avis aux connaisseurs et lecteurs de ce blog en laissant un commentaire avec peut être une idée novatrice. Ensuite, nous parlons de la Moto du Ciel avec ces inconvénients et surtout son énorme avantage : sa visibilité et son pilotage agréable. Patrice veut diminuer le bruit de sa machine. Je lui suggère de changer les deux petits pots d'origine par un pot quatre en un rotax. Je sais que cela ne changera pas tout mais ça ira dans le bon sens. Mais ça représente quand même pas mal de travail. Je l'ai déjà fait sur mon ancien ULM Rans S-12. J'étais dans l'atelier de la base ULM de Frossay et je coupais tous les tubes et les morceaux de cercles en tubes. Michel Durand les soudait et je les remontais sur place pour essai. A la fin de la deuxième journée, les 33 morceaux plus les ressorts n'en faisaient plus qu'un. Puis Didier Horn arrive "alors Yvon, bien dormi" Au début c'était mouvementé avec cet orage mais ça été par la suite. Les futurs instructeurs arrivent et commentent la météo : pas brillant pour le moment avec ces stratus bas. C'est la première matinée depuis que je suis parti où l'on ne peut pas voler. En bretagne il fait très beau et la limite du front n'est qu'a une trentaine de kilomètres. Les élèves s'installent dans la salle de cours et j'en profite pour laver mon Lambada. Comme la luminosité augmente, je décide de décapoter, c'est la première fois depuis mon départ. Huile : R.A.S. Dans l'ensemble, tout va bien sauf une durite qui frotte et qui commence à s'user. Après sécurisation, le fils de Didier s'intéresse de près au montage du moteur HKS. Le cours se termine et tout le monde raplique pour voir de près les entrailles du Lambada. Eh bien avec bati-moteur pareil, il n'y a pas de risques! En effet, sur ce montage, il y a huit points de fixation! Peu de temps après, nous prenons la direction d'une cafétéria de Montmorillon. Après une discussion sur les centrales nucléaires actuelles et futures, nous retournons sur la base ULM de la pierre soupeze. Didier Horn me reparle de son futur "bébé". Il s'agit d'un monoplace très rapide équipé d'un train rentrant. Initialement équipé d'un rotax 503 ; il voudrait l'équiper d'un moteur HKS. Celui-ci était visible au salon de Blois sur le stand de Didier. La météo hésitante depuis le début de la journée me bloque sur cette base ULM heureusement fort sympathique. Partira, partira pas, vous le saurez en lisant la prochaine note.

30.11.2006

Des vacances en Lambada(14)

Jeudi 27 juillet 06 (suite) Cet après-midi s'annonce maussade et je me retrouve dans la salle de cours. Un futur instructeur fait un cours magistral sur la lattitude et la longitude. Et nous calculerons qu'il y a une différence de 48 minutes entre Brest et Strasbourg. En effet, le soleil se couche presque avec une heure d'avance entre l'Est et l'ouest de la France. Entre ces deux villes, il y a exactement 12° de longitude multiplié par 4 minutes par degré. Et c'est toujours utile de se remettre dans la théorie surtout aujourd'hui à l'heure des GPS qui vous calculent un peu tout à votre place. En ce qui me concerne, je suis toujours méfiant de cet appareil extraordinaire qui peut avoir une base de données en partie erronée. Sur mon GPS, par exemple, j'ai trouvé une base ULM bretonne en Champagne! Mais cela aide en cas de difficultés, lorsque l'on doit se dérouter par exemple. Mais il est absolument impératif d'avoir une carte aéronautique qui reste la base. Après ce cours le vent se calme et quelques machines volent un peu. Et je découvre la nouvelle version d'un Quick relooké. Cette machine qui a gardé l'esprit initial de l'ULM est un véritable "balcon volant". Vision horizontale à plus de 180° et verticale quasiment identique. Quand il fait beau, c'est un véritable plaisir. Et cela me rapelle le bon vieux temps où j'en possédais un. Dans ce hangar de Montmorillon, les ULM sont véritablement imbriqués les uns dans les autres. Et l'on y trouve aussi bien un skyranger qu'un Jabiru ou un autogyre Magni ainsi que des pendulaires équipés de rotax. Il semble que les autogyres remplacent peu à peu les pendulaires. Mais les constructeurs d'autogyres ont besoin de créer une nouvelle gamme beaucoup moins bruyante. En effet des bases ULM qui "se faisaient oublier" ont eu des problèmes avec les riverains récemment. Arrive le soir et je propose à Patrice possesseur d'une "Moto du Ciel" de lui payer une pizza en ville. Finalement, nous trouvons ce que nous cherchons "a emporter" et retournons sur la base ULM. Bien nous en prends car nous avons à peine le temps de finir notre repas. J'aperçois vers le Nord des éclairs nouant mon estomac. Et tout d'un coup panne de lumière! Patrice qui connait bien la maison, se dirige vers le compteur électrique à l'aide d'une torche. Il essaye de réenclancher le disjoncteur mais sans succès. La panne est générale et durable. Maintenant les éclairs se rapprochent et le vent commence à se lever. Et mon Lambada est encore dehors et près de grands bacs à fleurs presque aussi hauts que les ailes. Patrice qui connait le problème déplace son fourgon pour nous éclairer. Il trouve dans le hangar une grande barre de fer et une masse. Aussitôt on déplace le Lambada près de la caravane et du talus tout en restant toujours derrière le hangar. Patrice plante ce pieu dans le talus et attache l'aile de ce côté. Les éclairs sont si forts et rapprochés qu'ils nous éclairent comme en plein jour. Pendant ce temps, j'attache avec mes piquets la queue et l'autre aile. Des grosses gouttes de pluie commencent à tomber et martèlent l'extrados de l'aile. Mais je dois ouvrir la verrière pour récupérer mon duvet, mon matelas et sortir les aérofreins. Nous rentrons nous mettre à l'abri. La lumière n'est toujours pas revenue et nous convenons de nous coucher. Patrice rentre dans sa caravane et je me retrouve seul avec le chien de Didier Horn qui se blottit sous l'escalier. Je n'arrive pas à me résigner à dormir. Je reste contempler ce phénomène en espérant qu'il ne va pas s'amplifier. Au bout de quelque temps le vent s'apaise et l'orage s'éloigne. Je m'installe dans la salle de cours et je me met en quête de sommeil.